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Article du Républicain Lorrain paru le 1 juillet 2022

Le vélo de course entre 1895 et 1950 selon Guy Kottmann

Au fil des années, Guy Kottmann, qui partage ses résidences entre la ville de L’Hôpital et le Zimmerfeld à Dabo, s’est constitué une petite collection de vélos de course. Il a retracé leur histoire de 1895 à 1950. À l’heure où part le Tour de France, rendez-vous avec un passionné du vélo.

Comment vous est née cette passion ?

Dès mon jeune âge, à une époque où Jacques Anquetil dominait le Tour, j’ai amassé de la documentation sur la compétition cycliste, sur son histoire et les machines utilisées. Sur les marchés aux puces et les bourses consacrées aux deux-roues, j’ai récupéré des pièces et des composants qui correspondaient à mes archives. J’ai ensuite reconstitué fidèlement les machines des premiers coureurs, dont les vélos de Louison Bobet et de Labépie, utilisés pour le Tour de 1950.

Les techniques devaient être rudimentaires pour évoluer au fil des années ?

J’ai essayé de comprendre les mécanismes utilisés et recherché les fiches techniques car je me suis rendu compte de l’enchaînement des innovations nombreuses. Les constructeurs rivalisaient d’ingéniosité. Il est aujourd’hui difficile d’imaginer un Paris-Brest-Paris (1 200 km), un Bordeaux-Paris (600 km), en une seule traite sans frein ni roue de secours, éclairé à la lampe à acétylène. Le premier frein n’apparaît qu’en 1905 sur la roue avant. Les forçats de la route emportaient dans leurs sacoches victuailles et matériels de rechange, comme les pneus enroulés autour du torse, la clé à 8 trous, la fiole de fortifiants. Ce n’est qu’en 1915 qu’apparaît le premier modèle de vélo avec changement de vitesses. En 1925, on changeait de vitesses en pédalant en arrière.

Avez-vous quelques anecdotes à raconter ?

De 1903, date de la création du Tour de France, à 1924, chaque étape très longue était suivie d’un jour de repos. Le tour le plus long, celui de 1926, faisait 5 745 km. À comparer au Tour du Centenaire en 2003 et ses 3 427 km ! Les départs étaient donnés à minuit voire 1 h du matin. C’est pour la partie nocturne que les vélos étaient alors équipés de lanternes qui servaient plus à être vu qu’à voir. Quant aux routes, c’était souvent des chemins de terre poussiéreux, boueux – d’où le port des fameuses lunettes d’aviateur – qui occasionnaient crevaisons et bris de matériels.